Nous vivons une époque formidable où le changement est la règle dans notre organisation et dans nos pratiques, cependant pourquoi modifier aussi nos habitudes chirurgicales ce qui nous demandera un effort d’apprentissage et d’investissement en temps et matériel ?
Le cercle d’apprentissage de Peyton nous rappelle la difficulté de tout changement avec comme corollaire le passage de la Compétence Inconsciente à l’Incompétence Inconsciente niveau où tout chirurgien ne souhaite en aucune façon se retrouver.
Pourtant suite aux travaux de Tsuneoka et d’Argawal dans les années 90 et d’Alio en 2000, il nous a semblé intéressant, en 2002, de débuter la Phacoémulsification Biaxiale avec à l’époque un support d’instrumentation et de Phacoémulsificateur peu adapté.
Il est vrai que la perspective de réaliser une micro incision de 1.2mm nous semblait le moteur principal de cette innovation.
Cependant nous nous sommes vite aperçus que la séparation des flux d’irrigation et d’aspiration offrait plus d’avantages en termes de sécurité et de récupération visuelle pour le patient qu’une simple diminution de la taille d’incision.
L’apprentissage, le développement de l’instrumentation (micro couteau, micro pince à rhéxis et hydrochopper) et des phacoémulsificateurs (évolution logiciel) nous a permis de franchir les étapes pour réaliser maintenant 100% de nos interventions avec cette technique.
Pourtant seulement 4.4% des chirurgiens aux USA pratiquent la phacoémulsification Biaxiale et seuls 25% de ces 4.4% réalisent 100% de phacoémulsification avec cette procédure (Leaming 2005).
En France 2.34% des chirurgiens pratiquent la Biaxiale (Gold 2005) et en Europe 18.2%, avec un tiers d’entre eux qui l’utilisent dans plus de 50% de leur activité chirurgicale (Leaming 2005).
45.3% des chirurgiens européens qui ne pratiquent pas la Biaxiale y voient un grand intérêt. 30% souhaitent en faire l’année prochaine et près de la moitié d’entre eux en privilégiant le phacoémulsificateur Sovereign AMO.
A la lecture de ces statistiques, les freins réels à l’adoption de la Biaxiale par les chirurgiens européens ne semblent pas être un problème d’adhésion à la technique mais plutôt un problème d’accès à la technologie.
D’ailleurs l’analyse du parc de phacoémulsificateurs installés en Europe (Leaming 2005) retrouve une part prépondérante de 46% de la société Alcon par rapport à 24% pour Bausch et Lomb et 13% pour AMO.
Après étude du marché et du désir des chirurgiens d’évoluer vers la micro incision les laboratoires Alcon ont su s’adapter et lancer la «Micro Coaxiale» à Lisbonne fin 2005 permettant au plus grand nombre des chirurgiens d’évoluer vers la mini incision sans modification majeure de leur technique.








