La prévention de l’endophtalmie par injection intracamérulaire de Céfuroxime fait l’objet du guide des bonnes pratiques [1] publié en 2007 par l’European Society of Cataract and Refractive Surgeons (ESCRS). Elle s’appuie sur les résultats de l’étude prospective, randomisée, en simple aveugle, contre placebo, conduite chez plus de 16.000 patients opérés dans 24 centres de 9 pays européens répartis en 4 groupes :
- 8244 patients opérés sans injection de céfuroxime répartis en deux groupes ; l’un ayant reçu des gouttes de lévofloxacine en péri-opératoire, l’autre un collyre placebo.
- 7997 patients ayant reçu l’injection de céfuroxime en fin d’intervention répartis en deux groupes ; l’un ayant reçu des gouttes de lévofloxacine en péri-opératoire, l’autre un collyre placebo.
Tous les groupes ont reçu une antisepsie à la Polividone iodée à 5%. Le taux d’endophtalmie dans le groupe sans céfuroxime est de 0,28% ( 23 cas dont 16 prouvés biologiquement). Il est de 0,06% dans le groupe avec céfuroxime ( 5 cas dont 3 prouvés biologiquement). A cette diminution du taux d’endophtalmie post opératoire par 4,3, s’ajoute le fait que dans le groupe céfuroxime, aucun patient atteint d’endophtalmie n’a de séquelles cécitantes. Cette différence statistiquement significative entre les groupes a conduit les experts de l’Endophtalmitis Study Group à interrompre l’étude initialement prévue pour une plus grande cohorte.
Patrick Yu-Wai-Man [2] compare l’efficacité d’une injection sous conjonctivale de céfuroxime à une injection intracamérulaire en fin d’intervention à l’appui de 36746 phacoémulsifications. Le taux moyen d’endophtalmie dans cette étude est de 0,95/1000. L’incidence de l’endophtalmie est 3 fois moins importante dans le groupe céfuroxime intracamérulaire que dans le groupe avec injection sous conjonctivale.
Ces résultats ont conduit les ophtalmologistes à modifier le schéma antibioprophylaxique lors des interventions de cataracte.
